Les buttes sont un grand classique de la permaculture, et en terrain en pente, elles sont vraiment indispensables. Elles prennent du coup plutôt la forme de terrasses, qui permettent d’obtenir une surface plane limitant l’érosion, de mieux capter les rayons du soleil (surtout si comme chez moi le terrain est orienté à l’est et profite peu du soleil de l’après-midi) et de travailler plus facilement, du côté surélevé au moins. Quelques planches et des barres de fer peuvent suffire pour mettre en place une butte, mais il faut ensuite un gros volume de terre ou de matière organique (fumier, compost) pour arriver à une surface horizontale ou légèrement bombée.

En ce qui me concerne, je procède souvent en plusieurs étapes, car je jardine généralement seule, ça me demanderait trop d’énergie et de temps d’apporter tout le volume nécessaire d’un coup. Je suis donc en train de reprendre une butte mise en place il y a 3 ans, mais qui était trop basse et un peu en train de s’écrouler. J’ai ajouté une planche au-dessus de la première et remplacé les supports en bois par des tiges de métal pour que ce soit plus durable. J’ai désherbé à la grelinette parce que l’herbe avait trop repris, et ajouté du fumier déjà bien décomposé de chèvre.

Pourquoi du fumier de chèvre ? Parce que j’ai des chèvres chez moi, donc autant de fumier que je veux pour le jardin (à condition d’aller le chercher à la chèvrerie, quelques dizaines de mètres au-dessus du jardin, dans un terrain tout pentu et bosselé, donc pas de transport en brouette possible, ce n’est pas une partie de plaisir de le ramener !). Et ça tombe bien, c’est un fumier qui allège la terre et l’aide à se réchauffer plus vite (comme le fumier de mouton), pile ce qu’il faut pour une terre argileuse. J’en ai ajouté une bonne couche, une trentaine de centimètres au plus bas de la butte pour la rehausser. Je ne pourrai pas y semer cette année, ce ne sera pas mûr, mais je pourrai sûrement y mettre quelques plants de courges si je manque de place ailleurs. Et l’année prochaine, ce sera parfait pour tous les légumes gourmands, tomates, courgettes, concombres, choux… Puis tout le reste…

Quand le fumier est totalement décomposé et s’est mélangé à la terre, le sol est meuble et les racines des plantes se développent beaucoup plus facilement. J’ai testé la plantation de courgettes à un endroit encore très argileux et sur une butte où j’avais apporté beaucoup de fumier l’année précédente : il n’y a pas photo, les plants sur la butte à fumier sont devenus énormes, alors que les autres ont vivoté toute la saison.
Un compost demi-mur peut faire l’affaire aussi, à laisser finir de se décomposer sur place avant d’y faire des plantations, mais il faut en avoir de grandes quantités, ce qui n’est pas mon cas actuellement.
Voilà pour la mise en place, rendez-vous pour les plantations !

Laisser un commentaire