Eh oui, c’est enfin le moment de planter les tomates, mais quand nos étés ne sont pas forcément chauds, ou que l’ensoleillement n’est pas optimal (vallée encaissée, perte de plusieurs heures de soleil par jour, une serre est bien utile ! Sur un terrain en pente, l’implantation d’une serre est problématique. Il faut créer un endroit plat, à la pioche si c’est une petite surface et qu’on est courageux ( !), ou bien à la pelleteuse, et là, ça devient plus compliqué, plus cher, et il faut que la machine puisse accéder au terrain (ce qui chez moi par exemple n’est pas évident). Bref, l’année dernière, j’ai décidé de me bricoler une petite serre à tomates. J’ai consulté des tutos sur Youtube, mais c’était souvent trop compliqué pour moi, avec une partie maçonnée, sans doute plus durable que ce que j’ai fait, mais le temps que je rassemble tout le matériel, que je trouve le temps de me lancer, que je rate, que je recommence… j’y serais encore. Moi, ce que je voulais, c’était une petite structure où je puisse mettre 6 pieds au chaud tout de suite. Je mettais déjà mes pieds de tomates classiques (les tomates cerises sont moins exigeantes, elles vont dans la partie ensoleillée sans plus) contre ce mur qui est orienté au sud, car c’est là qu’ils profitent le mieux de la chaleur, mais il manquait une protection contre les nuits fraîches et les périodes trop arrosées. Voilà donc le résultat.

Pour la construction, j’ai acheté 6 piquets, 6 vis à double filetage, et 6 écrous, les 6 lattes sont de la récupération. Pour la bâche, l’année, dernière j’avais une bâche de chantier qui restait de travaux, je l’ai donc utilisée, mais c’était trop fin, ça pendouillait sur les poteaux et ça n’isolait pas très bien, même si la chaleur était déjà augmentée en dessous. Cette année, j’ai acheté une vraie bâche de serre de 200 microns d’épaisseur, et c’est beaucoup mieux, tant pour l’aspect que pour l’isolation.

Première étape : planter les piquets dans le sol. Là, il faut être deux ! Je les ai placés deux par deux, séparés d’environ 1,50 m. Le mur ayant une bordure de pierre à son pied, je n’ai pas pu planter les piquets près du mur, ils sont donc assez rapprochés, mais ce n’est pas très important. J’ai aussi dû couper ensuite le haut des piquets pour qu’ils ne dépassent pas du mur, qui donne sur la maison de la voisine. Ensuite, percer un trou sur le dessus des piquets pour mettre en place les vis à double filetage, en laissant dépasser une grande partie de la vis, de quoi pouvoir mettre deux lattes et avoir encore le haut de la vis qui dépasse.

Ensuite, il faut percer les lattes de 2 trous, un peu plus larges que les vis, pour qu’on puisse faire passer les vis facilement par ces trous. Mettre d’abord en place la première latte sur chaque couple de poteaux, il faut qu’elles arrivent jusque tout près du mur, mais qu’on puisse passer la bâche entre elles et le mur quand même.

Puis mettre en place la bâche. Il faut la trouer, ce n’est sans doute pas l’idéal, mais avec une bâche bien épaisse, ça ne va pas se déchirer plus.

Ensuite, mettre par-dessus la deuxième latte et fixer le tout avec les écrous. J’ai laissé un peu de longueur de bâche au pied pour pouvoir la bloquer avec des pierres si besoin, en cas de d’orage ou de grand vent. Mais sinon, je crois que ça ne sera pas la peine, la bâche se tient vraiment bien.

J’ai oublié un détail : la barre transversale en haut des piquets est destinée à accrocher les ficelles épaisses qui serviront de tuteur aux tomates. Comme ma serre n’est pas très haute, je ne peux pas mettre de tuteur classique. Et comme je perds un peu de hauteur, ce qui va limiter le développement des plantes, je laisse deux tiges principales par pied de tomates, ce qui rentabilise un peu la plantation !

Le volume de la serre n’étant pas très important, il n’y a pas beaucoup d’inertie : il ne faut pas s’attendre à pouvoir planter des tomates en mars avec une installation de ce type ! La bâche protège du gel (léger) mais n’empêche pas la température de descendre tout de même la nuit, les pieds ne pourraient pas se développer correctement. En revanche, ça chauffe vraiment bien dès qu’il y a un petit rayon de soleil, et les tomates sont protégées de l’humidité, ce qui est très important aussi dans des régions comme la mienne (Auxois) où il peut y avoir de longues périodes pluvieuses au printemps ou en été, fatales pour les tomates. J’avais même abandonné les tomates classiques et je ne plantais plus que des tomates cerises, les plus grosses avaient généralement le mildiou avant de mûrir. Puis j’ai observé mon terrain et je me suis dit que ce mur au sud pouvait bien les aider, puis j’ai eu envie de faire une petite serre… L’observation du terrain : premier principe de permaculture ! Et c’est vraiment essentiel. J’ai mis je ne sais combien de plantes à des endroits non adaptés, et ça a toujours été décevant.

On pourrait imaginer de planter quand même les tomates un peu plus tôt que les saints de glace, début mai par exemple, ça pourrait avancer un peu la saison, mais je n’ai pas encore pu tester, tant les conditions favorables que le temps ont manqué cette année ! Évidemment, je parle pour les régions aux conditions similaires aux miennes, dans le Sud les tomates doivent être en place depuis longtemps !

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